jeudi 15 novembre 2007

fiche unbundling

UNBUNDLING :

L’ownership unbundling, cela désigne la séparation de propriété des activités de production et de transmission de gaz et d’électricité ou, dit de façon différente : la séparation patrimoniale des réseaux de transport des autres activités (production, extraction, distribution et commercialisation) des opérateurs énergétiques. En un mot : dégroupage.


Le contexte :

Il existe déjà la directive 2003/55/CE du 26 juin 2003, concernant les règles communes pour le marché intérieur du gaz naturel ; et la directive 2003/54/CE sur le marché intérieur de l’électricité.

- Le 10 janvier 2007, la Commission européenne a adopté une communication sur les perspectives du marché intérieur du gaz et de l’électricité visant une nouvelle politique énergétique pour l’Europe. L’objectif est triple : 1) lutter contre le réchauffement climatique. 2) renforcer la sécurité énergétique. 3) renforcer la compétitivité de l’Europe. Ce sont ces deux derniers points qui nous intéressent ici.
En particulier, l’objectif des mesures présentées par la Commission est de poser les bases d’une politique commune de l’énergie offrant un véritable choix aux utilisateurs européens, qu’il s’agisse de citoyens ou d’entreprises. Il s’agit aussi de briser les quasi-monopoles de géants tels que les Allemands E.ON et RWE ou les Français EDF et GDF.
« Aucun groupe fournisseur ou producteur d’énergie actif dans l’Union européenne ne peut posséder ou gérer un réseau de transport dans un Etat membre. »

- Le 10 juillet 2007, le Parlement européen a adopté le rapport du député Alejo Vidal-Quadras (PPE-DE) sur « les perspectives pour le marché intérieur de l’électricité et du gaz ».
Les députés européens se sont clairement prononcés en faveur de la séparation patrimoniale, même si le rapport reconnaît que ce modèle ne suffit pas à répondre à tous les enjeux auxquels le marché européen de l’énergie est confronté, notamment les interconnexions et la résorption des points de congestion entre marchés nationaux.

- Le 19 septembre 2007, la Commission européenne a adopté un troisième train de propositions législatives destinées à « garantir à tous les Européens une liberté de choix et des avantages réels et effectifs ».


Positions :
- Dans le camp des « pour », on trouve le Royaume-Uni et la Suède : des pays où la séparation de propriété existe déjà. L’Espagne et la Finlande ont ouvert leurs marchés depuis plus de trois ans.
- Dans le camps des « contre », les pays qui ont des opérateurs intégrés : Allemagne et France en tête, mais aussi Autriche, Grèce, Slovaquie, Chypre, Luxembourg (notamment Robert Goebbels, PSE), Lettonie, Bulgarie.


En France (éventuels contacts) :
- Le sénateur Bruno Sido (UMP), président de la mission commune d’information du Sénat sur la sécurité d’approvisionnement électrique de la France et les moyens de la préserver, s’étonne que la Commission « persiste à ne proposer qu’un alternative en matière de propriété et d’exploitation des réseaux, alors même que l’exemple français démontre qu’un troisième type d’organisation, fondé sur un contrôle et une régulation publique rigoureuse, garantit de manière satisfaisante l’indépendance des gestionnaires de réseau, le droit d’accès aux réseaux et la sécurité de l’approvisionnement électrique. »
- Nicole Fontaine (PPE) et Anne Laperouze (ALDE) contestent aussi l’efficacité de l’unbundling.
- Le PDG de GDF Jean-François Cirelli estime que la séparation patrimoniale représente une « stupidité » qui répond à une vision « idéologique » de Bruxelles. Il rappelle que depuis l’ouverture des marchés, « les tuyaux de GDF peuvent être utilisés par les concurrents, au même tarif que le propriétaire ». Il a fait part de sa « conviction profonde » qu’il n’y aurait « pas de unbundling dans le gaz », faute d’une majorité qualifiée pour imposer le schéma élaboré par la Commission.
- La ministre de l’Economie Christine Lagarde, à propos de l’unbundling : « Nous allons faire tout ce que nous pourrons pour nous opposer. »


Une solution alternative :
Devant l’opposition d’une majorité d’Etats membres emmenés par la France, la Commission a présenté une seconde option qui permettrait d’éviter cette solution radicale. La séparation pourrait alors se faire par la création d’un opérateur entièrement indépendant chargé de faire respecter les règles de concurrence par les ex-monopoles : c’est l’option Opérateur Indépendant du Système (ISO).
L’idée est que les actionnaires de l’entreprise de distribution énergétique encouragent davantage l’investissement dans les réseaux de distribution afin de stimuler l’entrée de nouveaux investisseurs sur le marché. Ce système permettrait de renforcer la compétitivité du secteur de l’énergie, actuellement étouffé par les entreprises intégrées existantes. Cette option permettrait notamment aux entreprises de rester propriétaires de leurs actifs, mais la gestion, y compris l’investissement et les décisions commerciales, devraient être transférées à un Opérateur indépendant du système. En retour, ce dernier verserait une rémunération.


La présidence française :
On l’a dit – et Christine Lagarde encore mieux que nous : la France est opposée à l’unbundling. Or les décisions au Conseil dans le domaine de l’énergie sont pour l’instant soumises à la règle de l’unanimité : à partir de 2009, ce sera à la majorité qualifiée. On peut donc supposer que la présidence française va tenter d’accélérer le processus de décision afin qu’un compromis soit trouvé avant 2009.


La sécurité énergétique :
L’unbundling n’a pas pour seule vocation de stimuler la compétitivité en Europe. Il s’agit également d’un instrument pour limiter les investissements étrangers, un instrument de négociation internationale, via une clause de réciprocité. En effet, le 19 septembre 2007, lors de ses déclarations sur la séparation patrimoniale des réseaux, la Commission a annoncé la mise en place d’une clause de réciprocité. Cette dernière vise à empêcher des investisseurs étrangers à l’UE - y compris les compagnies russes - d’acquérir des sociétés européennes de transport de gaz et d’électricité. Elle répond aux craintes que Gazprom ne puisse dominer ces réseaux de transport comme il le fait progressivement sur les gazoducs alimentant l’Europe. Par ailleurs, ces mesures d’unbundling, qui visent à faciliter l’accès au marché pour les nouveaux entrants, pourraient aider in fine Gazprom dans sa stratégie de domination des différents maillons - y compris le marché de détail - de la chaîne gazière.
Rappel : Gazprom est la plus importante compagnie verticalement intégrée du secteur du gaz naturel en terme de réserves (61% de la totalité des réserves russes de gaz naturel et environ 17% des réserves mondiales), de production (85% de la production intérieure, un cinquième de la production mondiale) et de transport (elle détient le plus grand réseau au monde de gazoducs haute pression). Elle est contrôlée par la Fédération de Russie qui y a augmenté sa participation en juin 2005 avec pour objectif de reprendre le contrôle des ressources naturelles nationales, qui sont le fondement de l’économie russe.


 2 angles :

1) La présidence souhaite-t-elle réellement accélérer la procédure sur ce dossier ? Si oui, vers quel compromis s’achemine-t-elle ? Avec quels pays-partenaires ? Consultation des opérateurs énergétiques et autres (le cabinet de conseil Capgemini a publié un rapport traitant notamment du sujet de l’unbundling) ? Bref c’est encore assez vague...
2) L’unbundling et Gazprom : certains disent que ça va favoriser l’entrée de Gazprom sur le marché en démantelant les grands groupes européens ; d’autres assurent que ça va justement préserver l’Europe du géant russe… A creuser donc, je ne comprends pas trop.

NS au PE (suite)

Visite et discours de Nicolas Sarkozy au Parlement européen, le mardi 14 novembre 2007.

Grande lignes du discours (disponible en intégralité ici )

- Reprise des thèmes de l’Europe comme porteuse de valeurs morales et spirituelles.

- L’Europe ne doit pas seulement être une machine.

- Les nonistes sont renvoyés dans leur camp: le “non” a été pris en compte. Les pays qui ont voté non ont fait un effort. Le peuple français, par son vote, a autorisé Sarkozy à négocier et à ratifier le traité modificatif.

- Rejet de l’unanimité en faveur de la règle de la majorité.

- “Je suis convaincu qu’il n’y a plus assez de démocratie en Europe”=>ce qui explique le déficit entre l’Europe et les peuples. Il faut donc oser débattre de tous les sujets, sans tabou.

- Création d’un comité des sages pour réfléchir à l’avenir de l’Europe “parec qu’il y a différentes voies”.

- Volonté de protéger l’identité des peuples. Crise identitaire très profonde en Europe.

- C’est à l’Europe de porter les droits de l’homme partout dans le monde (appl dans tout l’hémycicle).

- Promotion d’une “véritable préférence communautaire”.

- Liste de priorités pour la présidence française:
. Refondation de la PAC
. Fiscalité écologique
. Energie renouvelables et économies d’énergie
. Avoir une défense commune avec rénovation de l’alliance atlantique. Insistance particulière sur ce point.

- Politique de l’immigration

- Volonté de travailler en étroite collaboration avec le PE et la Commission européenne pedant la présidence française.

- Les petits pays ont autant de droit que les pays fondateurs (applaudissements nourris)

- Union de la Méditerranée

- La présence du PE à Strasbourg est non-négociable.

Ce que Sarkozy n’a pas dit (alors que c’était prévu dans le discours):
- “Lorsque la France va mieux, l’Europe aussi va mieux”
- “pour qu’un jour le grand rêve de l’Eurafrique puisse devenir réalité”.

Ce qu’il s’est passé à la conférence des présidents
Point presse fait par Jérôme Hénin (porte-parole adjoint de l’Elysée)
Sarkozy a rappelé:
- En Europe, on ne fait plus assez de politique
- Nous ne nous laisserons pas dissoudre dans l’élargissement (La Turquie n’a pas vocation à adhérer)
- Il prévoit de visiter le PE 4 fois pdt la présidence française. S’il est invité en plus, il viendra.
- Union méd.: avec le maghreb, soit on perd tout, soit on gagne tout
- Il rappelle qu’il a voté pour l’indép de la BCE, mais cela ne doit pas empêcher de discuter.
- Siège à Strasbourg (question de Cohn-B): “La capacité de souplesse de la Frace est nulle”.
- En conclusion de la réunion, Hans-Gert Pöttering a souligné que jamais un chef de gouvernement ou président n’avait engagé un te débat dans l’enceinte de la Conférence des présidents.
- NS a souligné que la Conf des présidents étaient une instance essentielle.


Réactions:
- Graham Watson (pdt ADLE) souligne avec insistance la très grande incohérence de NS dans son discours économique. Cependant, “il a été très impressionant”, souligne-t-il. On pourrait comparer Sarkozy à un nouveau Thatcher, même si ce serait eut-être plus juste de le comparer à Blair. Le comité des sages, ça peut toujours avoir une utilité, mais pour l’instant, c’est loin d’être essentiel.
- Cohn-Bendit (pdt Verts): C’était un peu comme un discours du 14-Juillet. Il a dit “France France France”, mais pas grand chose de plus.

mardi 13 novembre 2007

Sarkozy au PE

En attendant un résumé de la journée au PE (sarko à la conf de présidents, discours, réactions), je vous laisse lire le discours que Nicolas Sarkozy a tenu devant le parlement européen tout à l'heure.

Il s'agit de la version au prononcé.

http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&mode=view&cat_id=7&press_id=655

dimanche 11 novembre 2007

Intervention de Stefen Boucher

Stephen Boucher.

Notre Europe, créé en 1996 par Jacques Delors: “penser l’unité européenne”. Notre Europe mène des études de type acadéiques. Elles sont destinées à produire des recommandations destinées aux décideurs. Angles: avenir de l’Europe, place de l’Europe dans le monde,...
Notre Europe n’est pas affillié à un parti particulier. Dans son CA, il y a des personnes duc entre droit et du centre gauche. Tous ont l’idée que l’intgration européenne doit avancer.

4 axes:

- Visions de l’Europe
- Les processus de la démocratie
- Politiques sectorielles, avec attention particulière au politiques de l’énergie
-
3 pers et demi sur les aspects purement recherche. 2 sur la gestion/administration. On travaille avec des collaborateurs. De plus, on travaille avec des chercheurs. Nos activités: des publications d’analyse qui comportent en fin de section des recommandations politiques.
Une des focntions: analyse, mise en perspective, ...

cf www.notre-europe.eu

Financement annuel de la commission qui couvre 70% du budget. C’est un financement exceptionnel, et appelé à disparaître d’ici 2 ans. Il s’agit de 600 000 euros par an. Pour le reste, c’est ponctuel. On a aussi des financements privés. Tout ceci est amené à évoluer.


Qu’est-ce qu’un think-tank? C’est une notion à la mode qui vient largement du monde anglo-saxon. Un t-t est un lieu où on s’efforce de réfléchir à des problèmes politiques et sociaux en vue d’influer le paradygme politique/ en vue de fournir des recommandation. But: enrichir le spectre des dolutions politiques envisagées.
C’est une notion relativement récente. Il y a différentes manières de fonctionner. Conftontation, Europe, Notre Europe, ... Toutes ont en commun de faire des recherches à vocation politique. Le but n’est pas universitaire. Ces organismes cherchent à diffuser leurs travaux.
Ils les diffusent par tous les biais possibles: le but est vraiment d’être entendus et d’influer. Ce sont des organismes qui ont une certaine autonomie par rappotrt à des logiques commerciales ou politiques.

Leur nombre est difficile à cerner. Dans le monde, il y a environ 5000 think tank dans le monde, dont 1500 en Europe. 162 en France.

Ces organismes ont des moyens relativement limités. L’ifri a un budget d’env 4M d’euros. Notre Europe: 800 000 euros. L’Institut Montaigne: 3M. Il s’agit de sommes relativement faibles par rapport aux USA, où les équipes avoisinent en moyenne 50 chercheurs par t-t.

Les organismes ont les même critères. Il peut s’agir de soirces de personnel pour les gouvernements. C’est également un lieu de débat ou/et de publications, de “diplomatie intellectuellle”. Par ex, la vocation d’E3G (R.-U.) est de se concentrer sur les aspects de changement climatiques, et encouragent l’Europe à prendre la première place pour la lutte contre le changement climatique.

La France est moins bien dôtée que d’autres pays. A cpité de l(‘adminitration, le rôle de réflexion a souvent été conduit par l’ancien Commissariat au plan, ... Les cabinets ministériels ont aussi ce rôle de réflexion. Les centre univesitaures sont également bien dôtés: CERI, CEPI. Il y a aussi des associations trè actives: Attac. Il y a aussi la République des Idées, et quelques fondations.

Il y a un marché des idées. il s’agit d’attirer l’attention des décideurs, des médias,...

Notre Europe a rédigé une charte des Think-tantk. On engagera d’autres t-t- à se joindre à nous, et à respecter certains critères de transparence.

Confusion lobby/t-t? Notre Europe: clairement miitants. Confrontation Europa l’est aussi. Pas de problme tant ques débats son mencés avec certitude.

Ces organismes ont potentiellement un mérite: ils ont le prévilège de pouvoir être un espace de réflexion à moyen/long terme, plutôt détaché des containgences politiques, économiques, ...

L’enjeu: celui du financement. pour notre Europe, le problème est celui du financement par la Commission européenne.
Autre enjeu: différencier le recrutement des personnels. Cela doit être un lieu de recul pour les perso politiques, mais aussi d’autres acteurs économiques. But: prendre le temps d’une réflexion approfondie.

Associer les citoyens, c’est associer la société civile. Reste à savoir comment. Attention aux gadgets.

Quand Jouyet dit qu’il veut une impication des cotoyens, je ne pense pas qu’il soit cynique. Je pense qu’il y a un travail en cours dans plusieurs pays d’ Europe, mais il y a encore du chemin à faire.


Travaux du t-t qui sont conçus pour être mis à disposition du mae. Il y aura des contributions écrites des t-t, transmis au mae et rendus public en mai.
Volonté sérieuse de saisir la présidence comme occasion de réfléchir. 21 juin: ...
Le présidence: un moment de marketing pour le gvt. On hérite de tout un flot de propositions, directives,... qui sont en cours d’exxamen et avec lesquelles on a peu de amrge de manoeuvre.

Commandé par le SGAE.
En mai 2008, événement organisé avec l’institut Aspen. Première vague de collecte d’infos “rapport intermédiaire” (Gaétane Ricarniou): décembre.
Quatre thèmes:
- Identité européenne
- Les questions de dév durable (énergie, environnement, agri)
-Croissanece et emploi
- Immigration
- Influence de l’Europe dans le monde
- Recherche et éducation

Pour un gvt français, c’est une première de mettre en avant les t-t.

-> Pierre-Emmanuel Moog: Annuaire des think-tanks français.

Fondation Robert-Schuman:
Europartenaire
Confrontation europe

En Italie, l’université de Sienne a organisé un deuxième sondage délibératif pour encourager la participation électorale des citoyens en recréant un moment de discussion avec la sté civile.

jeudi 8 novembre 2007

Pour la fiche PESC

Parallèlement au livre Blanc sur la défense: un livre blanc sur la Politique étrangère française.
A mettre en relation avec le chapitre Pesc et la création du SEAE

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ministere_817/missions-organisation_823/lettre-mission-m.-nicolas-sarkozy-adressee-m.-bernard-kouchner-27.08.07_53421.html

mercredi 7 novembre 2007

Immigration légale

Base juridique : JAI - 2e et 3e pilier - domaine intergouvernementale - compétence du Conseil européen et des parlements nationaux

Textes :
- juillet 2001 : proposition de directive sur les conditions d’admission et de séjour des travailleurs de pays tiers (échec)
-11 janvier 2005 : Livre vert sur une approche communautaire de la gestion des migrations économiques (COM (2004) 811)
- 21 décembre 2005 : programme d’action relatif à l’immigration légale (COM (2005) 669

* Réunification familiale – la directive du Conseil 2003/86/CE du 22 septembre 2003 sur le droit à la réunification familiale est entrée en vigueur le 3 octobre 2003. Les États membres avaient jusqu'au 3 octobre 2005 pour mettre leur législation nationale en conformité avec cette directive.
* Statut de résident de l’UE de longue durée - la directive du Conseil 2003/109/CE du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, c'est-à-dire résidant légalement depuis au moins cinq ans sur le territoire d’un État membre, est entrée en vigueur le 23 janvier 2004. Les États membres avaient jusqu'au 23 janvier 2006 pour mettre leur législation nationale en conformité avec cette directive.
* Étudiants – une directive relative aux conditions d’admission des ressortissants de pays tiers à des fins d’études, d’échange d’élèves, de formation non rémunérée ou de volontariat a été adoptée par le Conseil le 13 décembre 2004 (directive 2004/114). Elle est entrée en vigueur le 12 janvier 2005 et les États membres ont jusqu’au 12 janvier 2007 pour mettre leur législation nationale en conformité avec cette directive.
* Chercheurs – une directive relative à une procédure d'admission spécifique des ressortissants de pays tiers dans l’UE aux fins de recherche scientifique a été adoptée par le Conseil le 12 octobre en 2005 (directive 2005/71). Ses dispositions doivent avoir été transposées par les États membres d’ici au 12 octobre 2007.

Dans les tuyaux :
- directive sur les conditions d’entrée et de séjour des travailleurs hautement qualifiés (sept 2007)
- directive sur les conditions d’entrée et de séjour des travailleurs saisonniers (automne 2008)
- directive sur les personnes transférées au sein de leur entreprise (2009)
- directive sur les conditions d’entrée et de séjour des stagiaires rémunérés (automne 2008)

voir pacte européen de l’immigration ?
pb britannique (Chypre, Gibraltar)
espace Schengen 3
protocole 10 du traité

Présidence française de l’UE :
contexte : loi sur l’immigration (volet répressif : quotas d’expulsion - volet économique : amendement 184 sur la possibilité pour les travailleurs immigrés d’être régularisés si dans un secteur économique en besoin de main d’oeuvre d’Yves Jego (UMP), Frédéric Lefebvre (UMP) et de Nicolas Perruchot (UDF)

Vers une politique d’immigration choisie ? par quotas ?
quotas par pays déjà appliquée en Italie depuis 1998 et en Espagne depuis 1993.

Rapports des délégations de l’AN et du Sénat à l’UE :
- rapport du sénateur Robert Del Picchia : Vers une politique européenne d’immigration ? 8 juin 2005
- rapport du parlementaire Jean Mariani sur le Livre vert sur les migrations économiques. 8 juin 2005

Personnes ressources :
- Jean Mariani - Délégation de l’UE à l’AN - Commission des lois (AN)
- Robert Del Picchia - Délégation de l’UE au Sénat - Commission affaires étrangères (Sénat)
- Nicolas Quillet - cabinet de Rachida Dati -
- Ziad KHOURY - RP - Conseiller affaires intérieures (asile, immigration)
(Secrétariat : Jacques de GRANRUT Tél : 02 229 83 33 )

Echéancier :

2014 : l’immigration rentrera dans le premier pilier et deviendra une politique communautaire de l’UE

8 et 9 novembre : Conseil justice et affaires intérieures

6 décembre : Conseil des ministres de l’emploi : propositions sur l’immigration des travailleurs

6 décembre : Conseil des ministres JAI

mardi 6 novembre 2007

Fiches et méthode

Méthode de base, dans l'approche de vos rubriques et la rédaction de vos fiches: allez lire la version du traité de Lisbonne (TUE ou TFUE) qui concerne vos domaines. Comme vous le savez, la présidence française est en effet en situation d'avoir toujours cette version là sous les yeux. Et ce regard éclaire beaucoup sa façon de procéder.
Et surtout, n'oubliez pas les protocoles et les déclarations!
On aura sans doute besoin de faire quelques renvois à ces textes dans notre publication.Vous en faire une petit découpage pour votre rubrique serait donc un exercice utile.
Pour cela, vous disposez sur le serveur "documentation" d'une version consolidée des deux nouveaux traités, réalisée par l'ULB. Elle offre l'intérêt de signaler en rouge tout ce qu'il y a de nouveau par rapport au traité de Nice. Mais attention, si cette version est pratique, elle n'est pas fiable à 100% car elle a été réalisée au début de la CIG. Donc, une fois repérés les articles qui vous intéressent, contre-vérifier avec la version "compliquée" (celle de la présidence portugaise).
Les protocoles et les déclarations ne figurent que dans la version compliquée.
XD

lundi 5 novembre 2007

Fiche PESD-OTAN

Problématiques

Vers quel type de configuration va-t-on si l’on construit une Europe de la défense ? Soit une coopération intergouvernementale bâtie autour d’un noyau dur (essentiellement la France et le RU, seules puissances militaires notables de l’UE – mode de construction de type « coopération renforcée », similaire à ce que l’on a vu pour l’euro et Schengen), soit une coopération communautaire dont pourraient s’exclure les pays qui le souhaitent (les pays neutres tels que l’Autriche, la Finlande, l’Irlande, la Suède et Malte / configuration N-5). Ces deux modes de construction d’une défense européenne semblent difficile à bâtir. On est très loin d’un consensus entre les membres de l’UE sur ce point. Nicolas Sarkozy semble plus favorable à la structure N-5 – les pays neutres pouvant d’ailleurs former un axe se consacrant à des missions civiles.
Le Royaume-Uni et l’Allemagne sont des acteurs incontournables dans la construction de cette Europe de la Défense. Leurs situations et leurs demandes ne peuvent être ignorées.
Le RU ne peut pas, dans l’état actuel des choses, entrer dans une coopération communautaire de la défense en raison de ses rapports privilégiés et de ses nombreux accords avec les Etats-Unis : il ne peut entrer dans le cadre juridique d’une telle structure. Par exemple, le RU n’a qu’une autonomie partielle concernant l’usage de son armement nucléaire ; dès lors, comment imaginer que cet arsenal soit intégré dans une défense européenne indépendante ?
L’Allemagne a initié une brigade européenne en coopération avec la France. En cela, elle peut être vue comme une pionnière. Cependant, la Constitution allemande, rédigée après la WW2, apporte de sérieuses restrictions aux capacités militaires de ce pays (ces limites nationales devront être intégrées dans une éventuelle Europe de la Défense). Le gouvernement allemand doit aussi faire face à son opinion publique, très hostile à ce que l’Allemagne participe à des interventions militaires (Afghanistan…). Avancer sur le dossier de la défense européenne signifie braver cette hostilité de l’opinion pour un gouvernement fragile de coalition.

Comment rassurer les partenaires européens, en particulier le RU et l’Allemagne ? Derrière cette question, se pose celle des rapports d’une défense européenne avec l’OTAN. 21 membres de l’UE sont également membres de l’OTAN. En montrant que les deux structures sont compatibles, la France fait preuve d’un réalisme rassurant et montre que l’Europe de la Défense n’a pas vocation à être bâtie contre l’OTAN ou contre les Etats-Unis (le RU et l’Allemagne ont dès lors plus de chances d’y participer). Si le RU ne souhaite pas participer à la construction d’une défense européenne pour protéger ses rapports privilégiés avec les Etats-Unis, il ne faut pas qu’il empêche les autres de le faire.
Avec cette volonté de rassurer, la France a envoyé un « ballon d’essai » en direction de l’OTAN sous la forme d’un mémorandum. Dans ce document, la France présente quatre propositions à l’OTAN :
présentation systématique du programme et du bilan de la présidence de l’UE au NAC (Conseil de l’Atlantique Nord) et dans les différents comités de l’OTAN.
pratique plus fréquente d’invitations croisées du Haut-Représentant pour la PESC au NAC et du secrétaire général de l’OTAN au COPS pour présenter des domaines d’action pertinents.
Développer des contacts entre l’Agence européenne de la défense et la Commandement allié pour la transformation (ACT) qui s’occupe également du programme d’armement.
Mise en place d’une procédure prédéfinie d’échange d’informations en cas de crise entre le Centre euroatlantique de réponse aux crises et le centre de suivi et d’information de la Commission européenne (toutefois, le recours aux capacités militaires pour la réponse aux catastrophes humanitaires et naturelles resterait coordonnée au niveau européen).

Autre pas important de la France, elle pourrait retourner dans la structure militaire intégrée de l’OTAN (quittée en 1966). Ce retournement de la politique étrangère française serait un signe fort pour montrer que la France ne veut pas construire une défense européenne en opposition aux Etats-Unis.
Si le traité consolidé sur l’UE est adopté, le Haut Représentant pourrait avoir à charge la construction d’une coopération structurée en matière de défense. Les compétences exactes de cet acteur doivent être précisées (aura-t-il assez de pouvoir pour accélérer le projet de défense européenne ?).


Acteurs privilégiés

Au sein des représentations permanentes :
Représentation britannique : 032 2 287 82 11 Kim Darroch (représentant permanent auprès du PE, siège au COREPER 2 ; 02 287 82 71) ; Anne Lambert (siège à la représentation permanente) ; Julian King (membre du Comité de la politique et de la sécurité ; 02 287 83 00).
Représentation allemande : 02 787 1000 ; ambassadeur : Wilhelm Schönfelder ; porte-parole : Martin Kotthaus (02 787 1070) ; porte-parole adjoint : Rainer Rudolph (02 787 1072). Bureau de la délégation allemande à Bruxelles : 02 2856 371. Secrétariat : 02 787 1071.
Représentation française : ambassadeur : Pierre Sellal (secrétariat : Isabelle Bellamy 02 229 82 09). Secrétariat du service presse : Maya Bozilovic (02 229 82 77). Ambassadrice et représentante au COPS : Christine Roger (secrétariat : Delphine Poulet 02 229 86 23). Représentation militaire, chargé de la relation avec la présidence française : capitaine de frégate Fabien Coheleach (secrétariat : Elodie Godart 02 229 83 63).
Représentation française auprès de l’OTAN : Richard Duqué, représentante adjointe : Hélène Duchène ; porte-parole de la délégation : Sylvain Berger (02 727 74 29).

Au sein du Parlement européen :
Membres de la commission défense :
députés allemands : Karl Von Wogau (PPE/DE ; Président de la commission) 03 88 17 53 01 ; Angelika Beer (Verts), 51 35 ; Helmut Kuhn (PSE) 54 28.
Députés britanniques : Glyn Ford (PSE) 55 18 ; Gerard Batten (ID) 59 20 ; Geoffrey Van Orden (PPE/DE) 53 32.
Députés français : Philippe Morillon (ADLE) 55 06 ; Michel Rocard (PSE) 57 85.

Spécialistes IFRI :
Etienne de Durand ( HYPERLINK "mailto:dedurand@ifri.org" dedurand@ifri.org), spécialiste des questions stratégiques et militaires en particulier politiques de défense et de sécurité française et américaine, débats autour de l’innovation technique et militaire.
Domminique David ( HYPERLINK "mailto:david@ifri.org" david@ifri.org), spécialiste des questions stratégiques et militaires, en particulier sur le continent européen et la France.

Ministère de la Défense :
Jean-Claude Mallet, président de la commission du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, conseiller d’Etat ( HYPERLINK "mailto:commission@livreblancdefenseetsecurite.gouv.fr" commission@livreblancdefenseetsecurite.gouv.fr). Secrétariat général de la défense nationale : 01 71 75 80 11.


Dates à surveiller

19 novembre 2007 : réunion du CAGRE à Bruxelles.
10-12 décembre 2007 : réunion du CAGRE à Bruxelles.

Idées de papier

Papier général : la défense européenne, où en est-on ? (Positions des principaux acteurs européens et objectifs de la présidence française).
Interview d’un spécialiste (IFRI ? J-C Mallet ?) en support.
Chronologie de l’Europe de la défense depuis les années 50.

dimanche 4 novembre 2007

Nicolas Quillet

nicolas.quillet@sgae.gouv.fr

Secrétariat général des Affaires européennes (SGAE), préfet, administrateur civil hors classe

En février 2007, il était secrétaire général adjoint du SGAE, aujourd’hui, son nom a disparu de l’organigramme. Je n’ai pas réussi à trouver s’il dépend de l’Intérieur ou des Affaires étrangères.

Au printemps 2007, sous la présidence allemande, il participe à la première réunion du groupe consultatif de haut niveau sur l’avenir de la politique intérieur française. (Ce groupe réunit le vice-président de la Commission européenne, les six ministres de l’Intérieur du trio présidentiel actuel (Allemagne, Portugal, Slovénie) et suivant (France, République Tchèque, Suède) et des scientifiques de différents Etats membres. Ce groupe doit élaborer des propositions sur une future conception de la politique intérieure européenne à partir de 2010, lorsque le programme de La Haye aura donc touché à son terme)

Août 2005, nommé préfet hors cadre, car « appelé vers d’autres fonctions »

Février 2004, nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la zone de défense Ouest

Mai 2002, directeur de cabinet de Patrick Devedjian, alors ministre délégué aux Libertés locales (donc sous la tutelle du ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy)

1993, conseiller technique de Philippe Seguin, président de l’Assemblée nationale.

Nicolas Quillet a également été secrétaire général de la préfecture de Maine-et-Loir

Pacte pour l'immigration

Le “pacte pour l’immigration” sera constitué par le “paquetage” d’une série d’initiatives législatives. Ce sont donc les éléments inclus dans ce paquet qu’il importe, à ce stade, d’identifier avec précision.
On peut déjà en distinguer grossièrement, trois types:
- les normes portant sur l’immigration illégale (1° pilier- codécision)
- les normes portant sur l’immigration légale (3° pilier - décisions cadres ou décisions avec simple consultation du PE, mais compétences éventuelles, et à géométrie variable, des parlements nationaux)
- les normes de sécurisation des frontières (3° pilier- décisions cadre comme ci-dessus etc) , qui forment en fait le noyau dur du projet français: visa uniforme, données biométriques, données ADN, PNR européen etc.
Celle-ci ont pour objet, notamment, d‘harmoniser les gestes de filtrage à opérer lors du franchissement des fontières, et visent en priorité celles de l’espace Schengen. Ils s’agit donc de coordonner concrètement des dizaines de milliers de fonctionnaires publics de nationalités différentes (coopération policière et judiciaire) , mais aussi des actes effectués par des opérateurs économiques (comme la délivrance des billets d’avion ou des cartes d’embarquement, par exemple).
Ces normes du troisème type ont aussi pour caractéristiques d’associer dans un même système “frontières” des mesures de luttes contre le terrorisme, contre le crime organisé, et contre l’immigration illégale. Effet: une mesure est arrêtée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais elle devient (plus ou moins rapidement) applicable à la circulation des personnes - y compris ressortissantes de l’UE- dans le cadre de la politique d’immigration. On touche donc là au domaine extrêmement sensible des libertés civiles.
C’est sur ce troisième train de normes qu’il faut maintenant faire porter les efforts, et développer vos fiches.
En voilà un élément, en attendant le paquet annoncé pour le mois de mars 2008 : la Commission adoptera mardi une communication sur le PNR européen (COM 2007 654) à l’initiative de Frattini. Il s’agit d’un projet de décision-cadre.
Vous trouverez un dossier très complet sur ce programme ici
http://www.statewatch.org/news/2007/nov/01eu-pnr.htm
Je vous invite notamment à suivre les liens hypertextes pour bien comprendre l’état des lieux (par exemple sur la directive API de 2004, qui vient à peine d’entrer an vigueur, ou sur les législations nationales existantes (notamment France, UK, Danemark).
Ce travail est à lier avec la prochaine session du PE: Il sera utile de repérer qui, au parlement va rapporter cette proposition législative, au cours de laquelle le Parlment n’est actuellement que consultée (mais cela pourrait changer en 2009) et qui sont déjà les parlementaires spécialisés sur cette question : le contentieux est déjà très lourd entre la Conseil et le Parlement sur ce dossier, notamment du fait du feuilleton des accords PNR avec les Etats Unis.
XD

jeudi 1 novembre 2007

Jean-Paul Jacqué, directeur du service juridique au SG du Conseil européen

né le 29 octobre 1942 à Nancy (Meurthe et Moselle)

Carrière universitaire

- Professeur titulaire (1978) à l’Université de Strasbourg (Faculté de droit)
- Professeur au Collège d’Europe de BrugesProfesseur à l’Institut d’Etudes européennes de l’Université libre de Bruxelles
- Professeur invité aux Universités de Barcelone, Fribourg, Louvain, Lisbonne, Madrid, Santiago du Chili
- Nommé Directeur au Service juridique du Conseil des ministres des Communautés européennes le 16 janvier 1992.
- Aujourd'hui, il est Directeur du Service juridique du Secrétariat général du Conseil de l'Union européenne.

Fonctions administratives


- Directeur de l’Institut des Hautes Etudes Européennes de Strasbourg (1974-1977)
- Doyen de la Faculté de Droit et des Sciences Politiques de Strasbourg (1977-1981)
- Président de l’Université Robert Schuman de Strasbourg (Strasbourg III) (1983-1990)
- Secrétaire Général de l’Institut International des Droits de l’Homme (Fondation René Cassin), 1990-1992

Responsabilité éditoriales

- Membre du Comité de Rédaction de la Revue Générale de droit international public
- Directeur de la Revue Trimestrielle de Droit Européen
- Membre de l’editorial board de la Common Market Law Review

Principales publications

- Memento de droit constitutionnel, 5e édition, 2003, Dalloz
- Eléments pour une théorie de l’acte juridique en droit international public, LGDJ, 1972, 511 p.
- Acte et Norme en droit international public, Cours à l’Académie de droit international de La Haye
- L’évolution du triangle institutionnel communautaire, Mélanges Teitgen, 1984
- Mythe et réalité de l’Union européenne, in La Sfida Europea, Cedam, Padova, 1984
- Les tentatives d’élaboration d’une constitution européenne à la lumière du droit constitutionnel français, in Eine Verfassung für Europa, Nomos 1984
- Le Parlement européen (en collaboration avec Bieber, Constantinesco, Nickel), Economica 1984
- Le traité d’Union Européenne, commentaire du projet adopté par le Parlement européen, (En collaboration avec Hilf, Capotorti, Jacobs), ed. de l’ULB,Oxford University Press, Nomos, 1985
- On the Road to European Union-A new judicial Architecture : An agenda for the intergouvernemental conference, en collaboration avec J. WEILLER, CMLR 1990, paru également en français à la RTDE 1990
- Le rôle du droit dans l’intégration européenne, revue Philosophie politique, 1991, à paraître
- Convention Européenne des droits de l’homme et CEE, mélanges Boulouis, 1991
- Cours Général de droit communautaire, Recueil de l’Académie de droit européen de Florence, Volume I
- La constitution européenne, revue universelle des droits de l’homme, Vol.7, n. 11-12
- La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, Revue universelle des droits de l’homme, 2000
- Le Conseil dans le volume 10 du Commentaire Mégret, 2000
- Back to Philadelphia, Revue du Marché Commun, 2002Charte des droits fondamentaux et droit à un recours effectif - Dialogue entre le juge et le constituant, Il Diritto dell’Unione Europea 2002
- Der Vertag über eine Verfassung für Europa : Konstitutionalisierung oder Vertrags revision? Trennung der Begriffe von Föderation und Staat, Europäische Grundrechte Zeitschrift, 2004
- Compétences communautaires et droits fondamentaux, Mélanges Cohen-Jonathan, 2004
- Manuel de droit institutionnel communautaire, 3e ed. Dalloz, 2004
Hubert HAENEL, Président de la délégation du Sénat pour l'Union européenne.

Né le 20 mai 1942 à Pompey (Meurthe-et-Moselle).

Profession : Membre du Conseil d’Etat (E.R.).

Parcours politique :

- Sénateur du Haut-Rhin depuis 1986.
- Vice-Président du Conseil régional d’Alsace depuis 1992.
- Maire honoraire de Lapoutroie (1977-2001).
- Président du SIVOM de la Vallée de la Weiss (1977-1995).
- Élu parlementaire de l’année 1995.

Juriste de formation :

- Licencié en droit. Diplômé de criminologie.
- Lauréat des facultés de droit.
- Major de l’Ecole nationale de la magistrature.

Juriste de profession

- Magistrat à l’administration centrale du ministère de la Justice.
- Secrétaire général du Conseil supérieur de la Magistrature (1975).
- Conseiller technique à la présidence de la République pour les questions juridiques et judiciaires (1975-1977).
- Professeur associé à l’Université d’Aix-Marseille-III (Institutions politiques, administratives et judiciaires françaises) (1976-1986).
- Membre du Conseil d’Etat (1977-1986).
- Président de la commission d’harmonisation du droit local alsacien-mosellan (depuis 1996).

Justice et sécurité

- Membre de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité.
- Membre de la Haute Cour de Justice et de la Cour de Justice de la République.
- Président de la Commission d’enquête sur le fonctionnement de la Justice judiciaire (1991).
- Président de la Commission d’enquête sur le fonctionnement de la Justice administrative (1992).
- Coprésident du groupe de travail sur la justice de proximité (1973).
- Rapporteur de la réforme constitutionnelle de 1993.

Défense :

- Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.
- Auditeur à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (30ème session).
- Parlementaire en mission auprès du ministre de la défense.
- Colonel de gendarmerie (réserve opérationnelle).



Responsabilités européennes et internationales :

- Président de la Délégation du Sénat pour l’Union européenne (depuis 1999).
- Membre de la Convention chargée d’élaborer la Charte des Droits fondamentaux (2000).
- Membre de la Convention sur l’avenir de l’Europe (2002-2003).
- Vice-Président du Mouvement Européen France (depuis 2005).
- Membre du groupe français de l’Union Interparlementaire.
- Membre suppléant au titre de la France à la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise).
- Membre du Comité d’honneur du 50ème anniversaire du Traité de Rome.
- Membre de la délégation française à la 62ème session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Responsabilités dans le secteur public :

- Président de la commission d’enquête sur le fonctionnement de la SNCF (1993).
- Initiateur de l’expérimentation de la régionalisation des transports ferroviaires.
- Administrateur de la SNCF depuis 1996 et renouvelé en janvier 2003 (Président de la commission régionalisation).
- Parlementaire en mission auprès du ministre de l’équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer et du secrétaire d’Etat aux transports et à la mer, sur le fret ferroviaire (septembre 2002).

Décorations :

- Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur (au titre de la défense nationale).
- Officier de l’Ordre national du mérite.

Publications

« Rapport sur l’alcoolisme » - à la demande du Président de la République et en collaboration avec le Professeur Jean Bernard - (1979)
« Le monde rural, une chance pour la France » - à la demande du Ministre de l’agriculture - (1986)
Collection « Que sais-je ? » :
La Défense nationale (1982 - réédition en 1989)
La Gendarmerie (1983)
La Marine nationale (1986)
L’Armée de l’Air (1986)
L’Armée de Terre (1987)
« L’avenir de l’espace rural français » - en collaboration avec Jean François-Poncet - Éditions Economica - (1991)
« Justice sinistrée, démocratie en danger » - Editions Economica - (1991)
Rapport sur le fonctionnement de la justice administrative - (1992)
Rapport sur le fonctionnement de la justice de proximité - (1993)
« Le plan de valorisation des réserves : un deuxième souffle pour les armées » (1994)
« La gendarmerie nationale, une institution républicaine au service du citoyen » - Editions Odile Jabob - (2000)
« Le partage des mots » - Les Editions Chantrel - (1991)
« Le service public de la Justice » - en collaboration - Odile Jacob - (1998)
« Les infractions sans suite ou la délinquance mal traitée » - rapport à la Commission des finances du Sénat - (1998)
« Le juge et le politique » - en collaboration avec Marie-Anne Frison-Roche - PUF - (1998)
« Vers des services publics « à l’européenne » » - rapport à la Délégation pour l’Union européenne - (2000)
« Splendeurs et misères de la justice dans le Haut-Rhin » - rapport à la commission des Finances du Sénat - (2001-2002)
« De facteur à sénateur, chemin faisant » - Editons de la Nuée Bleue - (2003)
« Justice, Police et Sécurité dans l’Union européenne » - Notes de la Fondation Robert Schuman - (2003)
« Enraciner l’Europe » - en collaboration avec François Sicard - Editions Le Seuil - (2003)
« Fret ferroviaire français : la nouvelle bataille du rail » - en collaboration avec François Gerbaud - Collection Documentation Française - (2003).
« Les Parlements nationaux, un appui pour l’Europe » - Notes de la Fondation Robert Schuman - (2006)
Pierre Ménat, directeur de la coopération européenne

né le 12 août 1950
Marié, 2 enfants

Maîtrise en droit
Diplôme de l’Institut d’études politiques
Ancien élève de l’Ecole nationale d’administration, promotion "Henri-François d’Aguesseau", 1982

Ministre plénipotentiaire

Postes occupés
Chef de cabinet du Secrétaire Général de la Préfecture Seine Saint Denis 1974-1979
Entré au Ministère des Affaires étrangères en 1982. (Direction économique. Suivi des politiques communes) 1982-1986
conseiller au cabinet de M. Jean-Bernard Raimond, Ministre des Affaires étrangères 1986-1988
conseiller politique à la mission permanente française auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York 1988-1992
sous-directeur des questions politiques à Direction des Nations Unies 1992-1993
chargé de mission auprès de M. Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères 1993-1995
conseiller pour les affaires européennes à la Présidence de la République 1995-1997
ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Roumanie, 1997-2002
directeur de la coopération européenne, 2002-2004
ambassadeur de France en Pologne, 2004-2007

Depuis juillet: Directeur de la coopération européenne.

Distinctions honorifiques
Chevalier de la Légion d’honneur
Chevalier de l’ordre national du Mérite
Officier de l’Ordre du Mérite de la République de Pologne

Langues parlées
Anglais, Allemand, Espagnol, Italien, Roumain

Gilles Briatta

Gilles Briatta est secrétaire général aux affaires européennes depuis juin 2007.
Il est également conseiller "Europe" au cabinet du Premier ministre.
Il fut directeur de la coopération européenne.

(C'est mince, mais je n'en trouve pas davantage... A compléter?)

http://www.euractiv.fr/presidence-francaise-ue/interview/reussir-presidence-faut-mettre-accent-priorites-politiques-majeures-00421

Pierre Sellal

Pierre Sellal, RP de la France auprès de l'UE

Né le 13 février 1952 à Mulhouse
FORMATION
Lycée Albert Schweitzer à Mulhouse,
1969-1973  : Licencié en droit (faculté de droit et de sciences économiques de Strasbourg)
1973-1977  : Ancien élève de l’Ecole Nationale d’Administration
CARRIERE
Ministre plénipotentiaire hors classe
1977-1980  : Secrétaire des Affaires Etrangères, à la direction des Nations-Unies au ministère des Affaires étrangères
1980-1981  : Conseiller technique au Cabinet du ministre du Commerce Extérieur
1981-1984  : Conseiller à la Représentation permanente de la France auprès des Communautés Européennes à Bruxelles (Belgique)
1984-1985  : Chef de Service au Ministère du Redéploiement industriel et du Commerce extérieur (Direction des hydrocarbures)
1985-1990  : Auprès du Premier ministre, Secrétaire général adjoint du SGCI (Comité interministériel pour les questions de coopération économique européenne)
1990-1992  : Ministre-conseiller à l’Ambassade de France à Rome
1992-1997  : Représentant permanent adjoint de la France auprès des Communautés Européennes à Bruxelles
1997  : Directeur de la Coopération Européenne au Ministère des Affaires étrangères
juin 1997- mai 2002  : Directeur de Cabinet du Ministre des Affaires étrangères
Depuis mai 2002  : Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles

Claude Blanchemaison

Claude-Marie BLANCHEMAISON né le 6 mars 1944 ; licence en droit, diplôme de l'École des hautes études commerciales, diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris ; ancien élève de l'École nationale d'administration, promotion "François-Rabelais", 1973. Ministre plénipotentiaire hors classe. 
A l'École nationale d'administration, 1971-1973 ; nommé et titularisé secrétaire des Affaires étrangères, 1er juin 1973 ; à l'administration centrale (Affaires économiques et financières), 1973-1978 ; premier secrétaire à la représentation permanente de la France auprès des Communautés européennes à Bruxelles, 1978-1979 ; deuxième conseiller au même poste, 1979-1982 ; à la disposition du Premier ministre (secrétaire général adjoint du comité interministériel pour les questions de coopération économique européenne), 1982-1985 ; chevalier de l'ordre national du Mérite, 15 février 1985 ; premier conseiller à Pretoria (chargé d'affaires a.i., septembre 1985-mai 1986), 1985-1986 ; à l'administration centrale (Asie et Océanie), délégué dans les fonctions de sous-directeur d'Extrême Orient, 1987-1989 ; ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Hanoi, 1989-1992 ; chevalier de la Légion d'honneur, 31 décembre 1992 ; à l'administration centrale, directeur d'Europe, février-octobre 1993 ; directeur d'Asie et d'Océanie, 1993-1996 ; ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à La Nouvelle-Delhi, 1996-2000 ; ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Moscou, avril 2000 ; officier de l'ordre national du Mérite, 15 novembre 2000.

Nommé en 2003 directeur général de la coopération internationale et du développement (DGCID). En 2005, il devient ambassadeur de France en Espagne, jusqu’en mai 2007.
En mai 2007, il accède au poste de secrétaire général de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (SGPFUE).

mercredi 31 octobre 2007

Régime d’asile européen commun (fiche)

Voici une première fiche, sur le régime d'asile commun: est-ce le bon endroit pour la poster?
Louise

Priorité
: concrétiser d’ici 2010, un régime d’asile européen commun (programme de la Haye). La présidence française doit conduire à une procédure commune d’asile et à un statut uniforme pour les personnes bénéficiant de l’asile ou de la protection subsidiaire (éviter par exemple, les grande divergences concernant l’accès des demandeurs d’asile au marché du travail).

Objectifs
: -offrir aux demandeurs d’asile et aux réfugiés des conditions aussi proches que possibles dans les différents pays de l’Union en les alignant vers le haut
-éviter les mouvements secondaires à l’intérieur de l’UE entre pays plus ou moins attractifs (« asylum shopping)
-éviter les demandes d’asile en cascade (grâce au « sytème de Dublin » déterminant un et un seul pays responsable de l’examen de la demande d’asile, et au fichier Eurodac mis en place en janvier 2003, répertoriant les empreintes digitales de chaque demandeur d’asile)

Base juridique
: depuis 2005, relève du champs communautaire, donc codécision
- Réglement Eurodac 407/2002 du 28 février
- Réglements « Dublin » 343/2003 du 18 février 2003 et 1560/2003 du 2 Septembre 2003 qui détermine le pays responsable de l’examen d’une demande d’asile
- Directive 2005/85/ce du conseil sur les procédures d’octroi et de retrait du statut de réfugié dans les Etats membres (contestée par PE devant cjce car adoptée par le conseil sans tenir compte des amendements du PE notamment sur la liste des « pays sûrs »)
-Livre vert de la commission sur le futur régime d’asile commun, 6 juin 2007


Acteurs européens :
-la commission, DG Justice, Liberté, et Sécurité, unité « asile, immigration et frontières » :
- mène actuellement des consultations dans le cadre du Livre vert
-prépare un « portail commun » (un site internet surlequel les Etats membres pourront avoir des informations sur les pays d’origine dans le but d’harmoniser leur décision en matière d’asile)
-prépare une liste des « pays sûrs » dont les ressortissants ne pourraient pas prétendre
au statut de demandeurs d’asile sur l’ensemble du territoire de l’Union.
Franco Frattini, commissaire « Justice, liberté et sécurité ».
Stephano Bertozzi, membre de son cabinet, direction « asile, immigrations et fron tières » (tél : 02/292 12 20)
-le conseil : en discussion avec la commission et le PE sur la liste des « pays sûrs »
-le PE :
-Wolfang Kreissl-Dörfler (PSE, allemand), rapporteur en matière d’asile
-Javier Moreno Sanchez (PSE, Espagnol) auteur d’un rapport d’initiative sur l’immigration illégale

Acteurs français :
-Ziad Khoury, conseiller affaires intérieures (asile et immigration) à la RP française (secrétariat : Jacques de Granrut, Tél : 02 229 83 33 , jacques.de-granrut@diplomatie.gouv.fr)
-Lionel Rinuy, direction « Espace judiciaire européen » au SGAE (tél : 01 44 87 10 86)
-Brice Hortefeux, Ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale
-Thierry Mariani (UMP), vice-président de la délégation pour l’UE de l’Assemblée nationale, a fait une communication sur le Livre vert. En septembre 2007, il a présenté plusieurs amendements au projet de loi sur l'immigration (autorisation de recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois au titre du regroupement familial, autorisation de statistiques raciales et ethniques, division par deux du délai de recours pour les demandes d'asile, interdiction d'hébergement d'urgence aux personnes en situation irrégulière.)

Société civile :
-Richard Williams, représentant européen du « European council on refugees and exiles »
- ...

Rétroplanning ou les priorités Com et PE

Tous les ans, fin février, la Commission adopte une communicaion sur sa stratégie pour l’année suivante. Vous trouverez ce document essentiel (stratégie 2008) ici:
http://europa.eu/eur-lex/lex/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2007:0065:FIN:FR:PDF
Ce texte est le point de départ de la fixation des priorités du Parlement:
a) il lance un processus de “dialogue structuré” des chacune de ses commissions avec la Commission européenne, qui s’étend de février à juillet.
b) depuis un an, ce dialogue structuré s’articule à une négociation à l’intérieur de chaque groupe politique (le PPE-DE est là dessus en avance sur les autres en termes d’organisation). Son but est de fixer les priorités de chaque parti pour l’année suivante, afin de pouvoir négocier, parti par parti (ce qui s’est produit en septembre), avec la Commission, avant que celle-ci ne produise le second document essentiel: son programme législatif et de travail.
2) Ce programme législatif, qui détaille les initiatives de la Commission et ses priorités pour 2008, a été adopté le 23 octobre.
Vous le trouverez ici:
http://europa.eu/eur-lex/lex/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2007:0640:FIN:EN:PDF
(il est malheureusement en anglais seulement pour l’instant)
Il est en cours d’examen dans les commissions et les groupes politiques, et fera l’objet d’un débat pour adoption lors de la prochaine session, le mardi 13 novembre au matin.

Le député allemand Hartmut Nassauer, vice président du PPE_DE est en charge du dossier.

vendredi 19 octobre 2007

La présidence française selon le gouvernement

Un fichier pdf qui résume les grandes lignes de la présidence

Entretien Jouyet (le 12/10)

Source : France 24

Q - Jean-Pierre Jouyet, nous sommes effectivement à quelques jours seulement du Sommet de Lisbonne. Allons-nous vers une bataille de tranchées, notamment avec les Polonais ou avec les Britanniques, ou êtes-vous confiant : on va vers un accord ?

R - Je suis raisonnablement confiant, optimiste. Vous ne pouvez jamais être sûr à 100 % du résultat d'un Conseil européen. Il y a eu un très bon travail dans la Conférence intergouvernementale. Tout le monde s'y est mis pour sortir de cette impasse institutionnelle, trouver de nouvelles institutions afin que l'on puisse se mettre au travail, au service de nouvelles politiques.

Q - Même les Polonais ?

R - Même les Polonais, qui ne sont pas dans une situation facile car ils ont des élections deux jours après le Conseil. Ils ont fait part d'un certain nombre de demandes, mais je crois que nous pouvons trouver des solutions. Ils ont également intérêt à montrer qu'ils sont pleinement dans cette Europe.

Q - Est-ce que, pour que les Polonais n'aient pas le sentiment de toujours reculer devant les exigences de Bruxelles, ça n'est pas finalement l'Europe qui recule toujours devant les Polonais ?

R - L'Europe se construit à 27. Les débats ont été difficiles au Conseil de juin dernier. Tout le monde y a mis du sien, y compris les Polonais. Jacques Delors le disait très souvent : il n'y a pas de gagnants et de perdants dans un conseil européen. Il faut trouver une solution collective. C'est un jeu collectif. Le Conseil européen le sera. Tout le monde fera certainement preuve de responsabilité pour que cela aboutisse à des résultats satisfaisants.

Q - Prenons un exemple sur ce jeu collectif : l'euro. Nous avons des Allemands qui sont pour l'euro fort, des Espagnols qui sont pour l'euro fort et des Français qui sont contre. Est-ce que l'Europe sera unie non pas seulement à Lisbonne mais encore plus rapidement à Washington, pour le G7. Y aura-t-il une position unie de l'Europe sur l'euro ?

R - Une position commune a été exprimée par les ministres de l'Economie et des Finances lors du dernier Eurogroupe. Cette position commune est tout à fait satisfaisante. Elle préconise, bien sûr, de faire attention à l'environnement économique international. Il y a un porte-parole de l'Eurogroupe et un président de l'Eurogroupe, M. Juncker, qui s'est exprimé. Je n'ai pas de commentaires à faire sur ce qu'a dit M. Juncker. L'Europe sera unie au G7 et sera unie sur le plan monétaire.

Q - M. Juncker a critiqué la France pour crier trop au loup. Avez-vous l'impression que l'on parle beaucoup trop d'euro fort en France plutôt que de faire une réforme économique nécessaire pour parer aux inconvénients de cet euro fort ?

R - Les réformes sont essentielles. Le problème français, c'est que nous n'avons pas fait les réformes que l'Espagne, par exemple, a courageusement faites. Nous avons un certain retard à rattraper de ce point de vue-là.

Q - Mais le problème, c'est la France, pas l'euro !

R - Laissez-moi terminer. Nous avons à faire un travail intérieur. Comme l'a dit Jean-Claude Juncker, il n'y a pas désaccord sur l'euro. Comme l'a souligné le président de l'Eurogroupe, il est également important de regarder la situation des autres monnaies. Nous demandons, et nous sommes tous d'accord là-dessus, plus de flexibilité du yuan. Nous constatons que la situation japonaise n'est pas une mauvaise situation sur le plan économique et que les marchés doivent la prendre en compte. Nous savons qu'il y a des déséquilibres dans l'économie américaine qui affectent les taux de change. Je n'ai pas d'autres commentaires à faire.

Il faut des réformes d'un côté, nous devons les faire et, comme vous le savez, nous les faisons. Je vous renvoie aux déclarations du président de la République et à ce qu'a indiqué Xavier Bertrand, ne serait-ce que sur les régimes sociaux. Ce ne sont jamais des réformes faciles. Il faudra écouter. Nous nous mettons au diapason, depuis cinq mois, de ce qui se fait dans le reste de l'Europe en termes de compétitivité.

Je le rappelle, une position commune a été prise par les ministres de l'Economie et des Finances. Pour la première fois, au plan européen, et c'est important, le président de l'Eurogroupe, le commissaire espagnol chargé des affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, et le président de la Banque centrale européenne vont aller ensemble expliquer la problématique européenne vis-à-vis des marchés internationaux de capitaux et de change à Pékin. Je crois que c'est un signe fort de l'unité européenne sur ce thème. C'est la première fois que cela arrive. Nous souhaitons, en tant que Français, que cela puisse se faire dans les différentes enceintes.

Q - Il n'empêche que M. Juncker a encore dit aujourd'hui : "Je préfère un euro fort" et que l'on entend, tous les jours, le président français dire : "Je veux un euro moins fort."

R - Vous ne l'entendez pas tous les jours. Il dit qu'il y a un problème de sous-évaluation d'autres monnaies, notamment de monnaies asiatiques. Je suis comme Jean-Claude Juncker, j'ai vécu des situations différentes, j'ai vécu l'euro à 0,80, et je peux vous dire que ce n'était pas agréable non plus. On souhaitait, là aussi, que des corrections se fassent. C'est vrai que cela a toujours été une tradition de la politique française Nous n'aimons pas tout ce qui est volatilité sur l'ensemble des marchés des changes, ce qui ne correspond pas aux fondamentaux économiques. Je crois que cette préoccupation, et vous pourrez lire ce qui a été dit par les ministres de l'Eurogroupe la semaine dernière, a été partagée.

Q - Les coupables, ce sont les Américains et le dollar et les Chinois ?

R - Il ne faut pas raisonner en termes de coupables. On doit constater qu'aujourd'hui, il faut plus de flexibilité dans certains domaines, notamment des monnaies asiatiques, notamment du yuan. C'est une monnaie trop rigide et même trop administrée par rapport à d'autres monnaies. Compte tenu de la place qu'a pris la Chine dans l'ensemble des échanges internationaux, compte tenu de la place du yuan aujourd'hui, il est important que ceci soit corrigé.

Q - Jean-Pierre Jouyet, vous êtes l'un des symboles de l'ouverture, jusqu'à présent, pas de regrets, même à propos des tests ADN sur l'émigration ?

R - Mes fonctions sont d'abord européennes. Je considère que l'Europe n'est ni de droite ni de gauche. Nous devons travailler à la construction européenne. Pour le reste, comme je le dis, et vous l'avez montré, je garde mes convictions et mes amitiés.

Je me prononce le moment venu sur les problèmes de société. Sur les tests ADN, j'ai dit ce que j'avais à dire. Je ne pense pas que l'on s'y soit pris de la meilleure manière. Je pense qu'il est nécessaire, dans ce type de débats, d'avoir une consultation large, importante et qu'une évaluation soit faite. Je constate que tout cela a été précipité.

Q - Le gouvernement français a reproché aux Espagnols d'avoir fait dans leur coin des régularisations.

R - Nous avons des contacts très étroits avec nos amis espagnols. Le président de la République a vu M. Zapatero. M. Fillon a également vu M. Zapatero. M. Hortefeux a également vu son homologue. Nous sommes tous d'accord, maintenant, pour faire en sorte qu'il y ait, au plan européen, une approche commune en termes de politique migratoire. L'Europe, de toute façon, sera confrontée à des pressions démographiques extrêmement fortes. Nous le savons. Il faut essayer d'avoir des principes communs équilibrés, de faciliter l'intégration...

Q - Justement, sur un point comme celui-ci, qui est extrêmement important, l'immigration. Pourquoi chacun fait dans son sens, et pourquoi ne pas jouer collectif et avoir un débat européen sur les tests ADN ? Vous, les Espagnols, vous dites que cela ne pose pas trop de problème. En France, il y a une vraie polémique. Pourquoi ne pas agir ensemble ?

R - Je crois qu'il faut distinguer deux éléments, selon que l'on se prononce en tant que responsable des affaires européennes ou en tant que citoyen. Le premier, c'est que la France a sa tradition et différents pays européens n'ont pas tous la même tradition. La France, dans ce domaine, a la tradition du droit du sol. Il faut le savoir et avoir une réflexion éthique. La question des tests, dans un pays qui a une tradition de droit du sol, doit être évaluée. Le responsable que je suis dit à l'ensemble de ses amis, et à ceux qui ont critiqué le texte, de voir ce qui passe au niveau européen et dans l'espace Schengen. Tout cela devrait être repris et envisagé de manière plus large.

Q - Etes-vous totalement certains que l'on va arriver à un accord à Lisbonne ou qu'il peut y avoir des difficultés de dernière minute, avec les Britanniques par exemple ?

R - Nous ne pouvons plus attendre. Chacun le sait. Je pense que nous aurons cet accord. Concernant les Britanniques, ce n'est pas la première fois qu'ils se mettent en dehors d'un certain nombre de politiques. Nous avons déjà des cercles de solidarité plus ou moins forts dans l'Union européenne. Plus nous sommes nombreux, plus c'est normal. Rien n'est anormal.

Vous nous avez interrogés sur la politique d'immigration et de la coopération, et ce sera un des points de la présidence française. Nous devons converger sur la politique d'immigration et avoir des principes communs.

Q - Certains pays ne font-ils pas leur Europe à la carte. Ce que vous appelez jouer à 27, c'est vraiment à 27 ?

R - Nous jouons à 27. Qu'il y ait certains éléments à la carte, c'est une chose. Ce que nous souhaitons avec d'autres partenaires, c'est que ce que nous mettons en place et ce sur quoi certains veulent aller plus vite, puisse se développer de manière efficace, notamment en matière de politique d'immigration, de coopération judiciaire et policière. Tout ce que nous avons sur la table actuellement nous permet de penser que nous aurons un système efficace.

Q - Pas de risque d'une Europe à deux vitesses ?

R - Vous en avez déjà une Europe à deux vitesses, avec Schengen ou la zone euro. Certains sont membres de la zone euro, d'autres pas. Cela me paraît être un faux débat.

Q - Si tout se passe bien finalement la semaine prochaine à Lisbonne, les Britanniques pourront-il se passer d'un référendum, qu'ils perdraient éventuellement ? Est-ce que les Irlandais ne risquent pas de jouer les trouble-fête ? Il y a encore l'étape de la ratification.

R - Nous souhaitons ratifier le plus rapidement possible. Il serait symbolique que le pays qui a voté non et celui qui a voté oui, l'Espagne, puissent ratifier rapidement. Cela aurait une portée symbolique très forte. Nous avons déjà oeuvré ensemble, le pays du oui et le pays du non, pour que le Conseil européen du mois de juin soit le plus utile possible. Nous avons fait oeuvre utile avec Alberto Navarro, nous avions déposé un mémorandum. Je ne me m'attends pas à de grandes difficultés dans les différents pays. L'Irlande a choisi le référendum. Au moins 23 pays sur 27 vont le ratifier par voie parlementaire, dont le Royaume-Uni.

Q - Il y a tout de même des réactions en Europe à propos de cette ratification par les parlements, notamment en France, où on se souvient tous du non. Ecoutez cette réaction d'un député britannique, Nigel Farage, du parti Indépendance et Démocratie : "J'étais à Paris par cette soirée pluvieuse de 2005, quand les Français votèrent non à la Constitution européenne, et quelques jours plus tard, les Néerlandais enfoncèrent le clou. Comment le gouvernement français pourrait-il faire revenir un traité qui est à 96 % identique à l'ancien texte de la Constitution, tout en refusant d'organiser un référendum, sans que cela soit une marque de mépris à l'égard de ses citoyens et ne les incite à ne plus jamais aller voter ? La seule option honnête pour le gouvernement français serait assurément de donner aux citoyens une voix au chapitre".

R - Il y a eu une campagne présidentielle, en France. Nicolas Sarkozy a été clair. Il a dit devant tous les Français qu'il était pour un traité simplifié et que ce dernier serait soumis à ratification par voie parlementaire. Les Français ont voté à 53 % pour Nicolas Sarkozy. Il n'y a aucun déni de démocratie. Je crois également à la démocratie représentative. Cela ne signifie pas qu'il ne convient pas d'avoir de débat citoyen sur ce traité. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas donner, en France, en Espagne toutes les explications sur ce traité, et faire en sorte que ces citoyens puissent être impliqués dans ce processus. Pour nos partenaires, cela a été un élément très important pour rebâtir ce nouveau traité.

Q - Vous souhaitez que, l'année prochaine, en 2008, quand la France prendra la présidence de l'Europe, tout cela soit réglé ?

R - Bien sûr, mais nous n'aurons pas toutes les ratifications. D'autres pays ont des échéances électorales. Les rythmes sont différents. Nous souhaitons, si possible qu'avant la fin de l'année 2008, début 2009, le processus de ratification soit terminé. Nous avons de bonnes chances de penser qu'il en sera ainsi.

Q - Sur cette Présidence européenne, quel est l'enjeu pour la France et quelles vont être les priorités ? On a vu que la France était de retour en Europe, sous l'impulsion du président de la République, tout le monde est d'accord, même ceux chez qui cela provoque quelques agacements, notamment en Allemagne. Quel est l'enjeu pour la France et qu'allez vous faire pour que l'Europe soit plus présente en France ?

R - D'abord, je crois que chacun en Europe se félicite de ce que la France soit plus présente dans les débats européens et essaie d'agir de manière constructive et collective. Telle est bien notre intention. Nous voulons une Présidence française, à partir du 1er juillet prochain, qui soit collective, européenne et citoyenne. C'est-à-dire, et c'est là que je reviens sur ce que je disais tout à l'heure, que les citoyens soient bien impliqués dans la préparation.

Q - Comment ?

R - Par des forums régionaux, décentralisés, et j'espère qu'Alberto Navarro voudra bien participer à certaines de ces réunions pour expliquer justement ce qu'est l'Europe, ce qui est en jeu, ce que permet le nouveau traité, comment va fonctionner une Europe plus démocratique et aussi plus sociale. Il y aura une charte dans le cadre de ce nouveau traité, qui respectera la spécificité de chacun des pays membres. Nous avons deux priorités, les deux grandes priorités sont le changement climatique et l'énergie. Ce sont deux problèmes très importants. L'Europe doit être exemplaire dans ces deux domaines. C'est un élément de souveraineté, d'indépendance pour l'Europe. Nous avons, d'autre part, toutes les questions qui touchent à l'immigration, l'intégration, la coopération policière ainsi que les questions de défense.

Q - Nicolas Sarkozy revient de Russie… Energétiquement, nous sommes intéressés mais, sur les aspects des Droits de l'Homme, sommes-nous assez musclés et suffisamment clairs ?

R - Je crois que Nicolas Sarkozy a été très clair à Moscou. Il a fait les rencontres qu'il fallait pour marquer nos préoccupations relatives aux Droits de l'Homme. Pour le reste, nous devons avoir avec la Russie un partenariat, car c'est un grand partenaire de l'Union européenne. Ce partenariat doit être tout à fait clair, nous disons ce que nous avons à dire, que cela plaise ou pas. Nous avons aussi un certain nombre de dossiers internationaux que nous devons également régler avec nos partenaires russes.

Q - Tout le monde a bien noté l'inflexion de Nicolas Sarkozy sur la Turquie. Il n'est plus opposé à ce que l'Europe poursuive les négociations. Sur ce point, il y a un problème crucial en France : doit-on ou pas avoir un référendum avant d'accepter qu'il y ait un nouveau pays membre de l'Union ? Je vous propose d'écouter à ce propos une question du député français, Jacques Toubon : "Monsieur le Ministre, vous avez récemment proposé que dans la révision de la Constitution qui est en voie de préparation, l'on supprime la disposition votée récemment qui prévoit que pour toutes les nouvelles adhésions de nouveaux Etats membres dans l'Union européenne, le président de la République soit obligé de recourir à un référendum auprès de l'ensemble des citoyens français. Vous savez bien que cette question concerne bien sûr en premier chef l'adhésion de la Turquie, que beaucoup de nos concitoyens demeurent opposés à cette adhésion. Pensez-vous que le fait de leur faire donner le sentiment que nous ne voulons pas les consulter dans cette question tellement importante pour l'identité européenne. Pensez-vous que leur donner ce sentiment, c'est faire avancer la cause de l'Europe et même plus largement faire avancer la cause des négociations avec la Turquie ? Pour ma part, je crois que la Constitution devrait demeurer telle qu'elle est."

R - Pour répondre à Jacques Toubon, ce que j'ai dit est parfaitement clair. Dans la Constitution, le président de la République devrait avoir le choix entre la procédure référendaire et la procédure de ratification parlementaire. Je ne me suis pas prononcé sur tel ou tel pays. J'ai dit qu'il ne me semblait pas bon pour la crédibilité de la France, pour le jeu collectif dont nous avons parlé, pour la sécurité des négociations, que nous ayons les mains liées. Je n'ai dit rien de plus, rien de moins. Je l'ai dit à titre personnel. Je le maintiens. Je pense que cela serait plus aisé. On ne va pas faire des référendums tous les six mois, si la Suisse, la Norvège, la Macédoine étaient appelées à entrer à peu d'intervalle dans l'Union européenne. Le cas peut se poser de manière théorique.

Q - Est-ce que vous pensez que le président de la République va vous suivre sur cet avis que vous avez rendu, c'est-à-dire qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un référendum à chaque fois ?

R - Tout d'abord, on n'est pas obligé d'être d'accord sur tout et il est sain, dans une Europe qui fonctionne bien, qu'il y ait des débats comme nous en avons maintenant. Nous devons voir ce que sera l'Europe dans 15 ou 20 ans et comment elle évolue. C'est pourquoi nous avons proposé la constitution d'un groupe de sages pour voir quelles seront les valeurs européennes, le nouveau rêve européen et voir comment nous allons pouvoir nous organiser. Pour le reste, j'ai fait une proposition qui ne s'appliquait d'ailleurs pas à la Turquie mais de manière...

Q - Vous avez une chance d'être suivi ?

R - Il appartiendra au président de la République de le décider. Quand on fait des propositions, on souhaite toujours qu'elles soient suivies. On verra déjà si elle est suivie par le comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions devant lequel je me suis prononcé.

Q - Dernière question, sur l'Iran, y a-t-il un accord possible, en Europe, pour des sanctions plus fortes ?

R - L'Europe doit être unie sur ce point. Je crois qu'elle le sera. Nous en parlerons à Luxembourg, au Conseil Affaires générales./.

Les nouveaux hommes forts de la diplomatie de Sarkozy

Source : Le Figaro.fr

Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'état aux Affaires européennes
 
Le «monsieur Europe» du gouvernement, c'est lui. Jean-Pierre Jouyet, 53 ans, connaît les usages et les jeux de pouvoir des institutions bruxelloises mieux que quiconque. Ajoutez à cela ses compétences en matière économique et son parcours de gauche et vous le rangerez parmi les trophées les plus précieux de l'ouverture pratiquée par Nicolas Sarkozy. Cet inspecteur des finances, ami intime du couple Hollande-Royal depuis l'ENA, a travaillé aux côtés de Jacques Delors quand celui-ci présidait la Commission européenne et il a été directeur adjoint du cabinet Jospin à Matignon.
Cofondateur des Gracques, ce groupe de hauts fonctionnaires issus de la gauche mais désespérés par son incapacité à se moderniser, Jean-Pierre Jouyet a décidé de saisir la main tendue par le chef de l'Etat en mai dernier. Il connaissait Nicolas Sarkozy pour l'avoir côtoyé à Bercy et croit en sa capacité de réformer le pays. Dans le nouveau dispositif diplomatique, cet ancien directeur du Trésor a la délicate tâche de gérer les relations avec nos partenaires de l'Union européenne, actuellement tendues à cause des déficits publics français. Il doit également préparer la prochaine présidence française de l'Union au second semestre 2008. Une étape déterminante pour Nicolas Sarkozy qui revendique le leadership européen pour la France, comme il l'a affirmé au New York Times avant son départ pour l'Assemblée générale des Nations unies. L'Elysée compte sur Jean-Pierre Jouyet pour convaincre Bruxelles de ses intentions de relance de l'UE.
 
Jean-David Levitte, conseiller diplomatique du Président
 
Est-il l'oeil du Quai d'Orsay à l'Elysée, ou celui du «Château» aux Affaires étrangères ? Cette éternelle question de la Ve République va perdre son sens avec Jean-David Levitte, 61 ans, qui dirigera, quand ses contours seront définis, le Conseil national de sécurité (CNS) dont Nicolas Sarkozy avait annoncé la création pendant la campagne électorale. Cet organisme inspiré de ce qui existe aux Etats-Unis ne disposera pas cependant du rayon d'action du National Security Council de la Maison-Blanche. La nouvelle structure devrait permettre au chef de l'Etat de gérer son «domaine réservé», qui englobe à la fois les questions diplomatiques et de sécurité extérieure. Ce qui donnerait ipso facto à Jean-David Levitte des compétences en matière de défense et de renseignement. Pour l'heure, le champ d'action du CNS est encore en discussion. On s'acheminerait plutôt vers une instance consultative à la disposition du président de la République. Mais en mettant à sa tête un ancien ambassadeur à Washington et au Conseil de sécurité, qui a déjà été le conseiller de Jacques Chirac à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a choisi un homme de poids et d'expérience.
 
Philippe Etienne, directeur de cabinet de Bernard Kouchner
 
C'est l'éclectisme qui caractérise ce diplomate de-venu le bras droit de Bernard Kouchner en mai dernier. Philippe Etienne, 51 ans, a touché à nombre de domaines des Affaires étrangères. Quand on lui a demandé de diriger le cabinet du nouveau ministre, il était à la tête de la Coopération internationale et du Développement depuis un peu plus de deux ans. A ce poste, il mettait en oeuvre non seulement un important volet de la nouvelle politique africaine de Paris, mais aussi des aspects cruciaux de celle de l'immigration (étudiants dans les universités françaises, formations...). Juste avant cette direction générale, il avait été ambassadeur de France à Bucarest, à l'orée de l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne. Un choix naturel, puisque Philippe Etienne parle le roumain - ce polyglotte maîtrise également l'anglais, l'allemand, l'espagnol, le russe et le serbo-croate - et a fait deux passages à la représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne. Il fut également conseiller de Bernard Bosson quand celui-ci détint le portefeuille des Affaires européennes (1985-1987), puis directeur adjoint du cabinet de Hervé de Charette quand ce dernier dirigea le Quai d'Orsay (1995-1997). Les postes de Belgrade, Bonn et Moscou l'ont également compté parmi leurs meilleurs éléments.
Affable, discret, méthodique, Philippe Etienne avait commencé son parcours académique par les mathématiques. Au plus haut niveau : Ecole normale supérieure et agrégation. Sciences économiques, Langues orientales et l'ENA ont complété le cursus. Membre de la fameuse promotion Voltaire (Ségolène Royal, François Hollande, Dominique de Villepin, Renaud Donnedieu de Vabres, Jean-Pierre Jouyet, Michel Sapin...), il a opté pour la diplomatie. Un de ses camarades de promo, Jean-Maurice Ripert, aujourd'hui représentant permanent de la France au Conseil de sécurité de l'ONU, ancien du cabinet Jospin à Matignon et proche de Bernard Kouchner, l'a recommandé au «French doctor». Pour ce ministre symbolisant l'ouverture, ce choix présentait tous les avantages.
 
Gérard Errera, futur secrétaire général du Quai d'Orsay
 
«Un de nos grands ambassadeurs», dit-on dans l'entourage de Bernard Kouchner. Gérard Errera, 63 ans, est effectivement une des «pointures» du ministère des Affaires étrangères. Actuellement ambassadeur de France à Londres, il devrait, dans quelques semaines, retrouver le Quai d'Orsay pour y occuper le poste de secrétaire général, c'est-à-dire celui du plus haut fonctionnaire du ministère. Il y remplacera Philippe Faure, un ami de Dominique de Villepin, qui devrait, lui, s'installer à l'ambassade de Tokyo.
Sa carrière est marquée à la fois par le monde anglophone et par les affaires politiques et stratégiques. Il est passé par Washington, San Francisco et, comme on l'a vu, Londres. Il a également dirigé les relations internationales du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), tout en représentant la France à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). On le retrouve à Genève siégeant à la conférence du désarmement, avant de le retrouver à l'Otan comme représentant permanent de la France. Quand il regagne l'administration centrale, c'est pour y occuper le poste de directeur des Affaires politiques et de Sécurité. Autant dire qu'à l'heure d'un rapprochement atlantique souhaité par l'Elysée ainsi qu'à celle des dangers de la prolifération nucléaire, Gérard Errera pourra donner la pleine mesure de son curriculum vitae diplomatique.
 
Jean-Claude Cousseran, émissaire spécial au Moyen-Orient
 
Cela s'appelle une résurrection. Jean-Claude Cousseran, 63 ans, était une des bêtes noires de Jacques Chirac. L'ancien président de la République avait ostracisé cet expert du monde arabe nommé à la tête de la DGSE par Lionel Jospin parce qu'il lui reprochait d'avoir envoyé des agents enquêter sur des comptes bancaires qu'il aurait détenus au Japon. Avec l'avènement de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner, il vit un retour en grâce. Dès juillet dernier, le ministre des Affaires étrangères l'a envoyé au Liban et en Syrie pour tenter de réconcilier les factions rivales au pays du Cèdre. Et d'autres missions spéciales au Moyen-Orient devraient suivre. Il faut dire que les compétences de ce diplomate qui a travaillé dans les ambassades de Beyrouth, de Bagdad et de Téhéran (pendant la révolution islamique), avant d'intégrer les cabinets de Claude Cheysson puis de Roland Dumas, a fait ses preuves dans les dossiers les plus épineux. En 1985-1986, il avait notamment participé aux négociations pour libérer les otages français détenus par le Hezbollah libanais. En outre, Jean-Claude Cousseran a été ambassadeur à Damas et au Caire, deux capitales clés du monde arabe où il a noué nombre de contacts.
 
Alain Le Roy, ambassadeur chargé du projet d'Union de la Méditerranée
 
Pour le projet d'Union de la Méditerranée, cher à Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner a choisi un de ses proches. Alain Le Roy, 54 ans, a travaillé avec le nouveau chef de la diplomatie quand ce dernier représentait l'ONU au Kosovo : il était le préfet de la région ouest de la province. Il a ensuite représenté l'Union européenne en Macédoine, Etat limitrophe du Kosovo. Leur connivence remonte au drame de Sarajevo, quand Alain Le Roy, sous l'égide de l'ONU, dirigeait les opérations de réparation des services publics de la capitale bosniaque bombardée par les Serbes. Magistrat à la Cour des comptes, cet ingénieur des mines agrégé d'économie est passé par Total avant de faire un début de carrière dans la préfectorale qui l'amena au cabinet de Jean-Pierre Soisson, quand celui-ci détenait le portefeuille de l'Agriculture. Pour prendre en charge le projet d'Union de la Méditerranée - «trait d'union entre l'Europe et l'Afrique», selon les mots du chef de l'Etat -, ce «Kouchner boy» a dû recevoir l'onction du conseiller diplomatique du Président, Jean-David Levitte. Alain Le Roy était ambassadeur de France à Madagascar depuis novembre 2005. Il lui revient à présent de concrétiser ce que le candidat Sarkozy avait esquissé à plusieurs reprises pendant sa campagne : une sorte de «marché commun de la Méditerranée» selon le modèle établi par les Européens en 1957 quand les «Six» paraphèrent le traité de Rome.